Prieuré de Serrabone-info
Prieuré de Serrabone (Priorat, Augustiner, Botticelli, Orden von Luther), St Michel de Cuxa (Nachbildung in cloisters NY), marbre rose de
Villefranche de conflent, Collioure, Elne (Perpignan)
https://en.wikipedia.org/wiki/Serrabone_Priory
https://fr.wikipedia.org/wiki/Prieuré_de_Serrabona
https://www.wikiwand.com/de/Romanik
https://www.france-voyage.com/tourisme/prieure-serrabone-2042.htm
https://www.art-roman.net/serrabone/serrabone2.htm
https://www.les-pyrenees-orientales.com/Patrimoine/PrieureDeSerrabone.php
http://photosvillages.canalblog.com/archives/2018/10/29/36826097.html
On y découvre un bestiaire fantastique de lions, griffons, d'aigles et autres monstres, ainsi que des décors floraux rappelant les thèmes
d'influence orientale habituels aux sculpteurs romans du Roussillon.Les chapiteaux de la tribune de Serrabone ont presque
exclusivement des thèmes zoomorphiques.
La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A
l'extrémité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean.
A l'opposé, le taureau symbole de Luc, avoisine l'homme ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image du Christ,
représenté sous les traits de l'Agneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de roses
à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface.
-Le cloître, constitué d'une seule galerie orientée plein sud, est rythmé par trois piliers séparant des séries d'arcades.
-La tribune : offre des sculptures d’une extrême finesse. Elle est entièrement taillée dans du marbre rose et blanc et est considérée
comme l'exemple le plus remarquable de l'époque romane en Pays Catalan. Le marbre du Conflent contribue à magnifier le chef
d'œuvre des artistes, sans nom, qui l'ont faite, sans doute peu avant 1150.
Histoire : L'origine de Serrabone se trouve au tournant du premier millénaire. Un peu avant l'établissement du prieuré, une petite église
est citée, c'était à l'époque un lieu de pèlerinage. Puis en 1052 Pierre Bernard fonde le prieuré avec 15 autres moines autour de cette
église à la emande du vicomte de Cerdagne. Il s'agissait d'une communauté augustine qui obtint en 1082 la reconnaissance de la règle
canoniale. La chapelle du prieuré fut consacrée une première fois à une date inconnue
Puis durant le XIIe siècle elle fut profondément modifiée : la nef principale, initialement unique, fut complétée au Nord par une nef collatérale
voûtée. Au midi fut construite une galerie voûtée. Ces travaux permirent de faire une seconde consécration en 1151, consécration faite par
l'évêque d'Elne Artal II et celui de la Seu d'Urgell. L'église prit alors le nom de Santa Maria de Serrabona.
Jusqu'au XIVe siècle cette communauté était prospère, mais vers cette époque la vie au prieuré changea. Le confort devint le maître mot, chaque
chanoine délaissant les locaux communs pour s'installer dans des cellules individuelles qui se trouvaient sur le versant Sud du prieuré. Les moeurs
se relâchèrent, avec un épisode emblématique : En 1413 le chanoine Bernat Taillet fait amende honorable et promet de faire partir la femme qui vit
avec lui.
Au XVe siècle l'instabilité militaire et politique de la région réduirent le nombre de chanoines. Il faut croire que la violence avait atteint l'intérieur de
ces vénérables murs car on trouve une trace en 1448 du prieur Bernat Joer qui est déposé pour "crimes énormes". Son successeur exigea qu'il y
ai au moins 7 chanoines à Serrabone, endiguant ainsi le dépeuplement du prieuré.
En 1592 le pape Clément VIII sécularise tous les prieurés augustins roussillonnais. Cet évènement majeur marqua la fin de l'indépendance de
Serrabone qui fut rattaché au chapitre de Solsona, en Catalogne, le 19 juillet 1593. Peu à peu les moines quittèrent les murs de Serrabone, et en
1612 le dernier prieur de Serrabone Jaume Serra, par ailleurs recteur de l'église de Prades, est enterré au choeur du croisillon Sud du transept.
Abandonné, l'édifice tomba en ruine. Une grande partie de la voûte centrale s'écroula.
Durant la révolution française, une curiosité fut à l'origine d'un désaccord entre la France et l'Espagne. En effet, Serrabone était toujours une
dépendance de Solsona, ce qui fait que les deux édifices n'étaient pas de le même pays. Or les révolutionnaires déclarèrent que les biens de
l'Eglise faisait désormais partie du patrimoine de l'Etat. Ainsi furent vendus la majorité des édifices religieux qui n'étaient pas des églises, mais
Serrabone fut seulement mis sous séquestre car il n'appartenait par à l'Eglise française. Il fallut attendre le concordat en 1802 pour qu'il soit rendu
à Solsona.
A la fin du XIXe, le prieuré est en ruine. C'est alors que Jaubert de Passa, grande figure locale, s'y intéresse. Il fit différentes actions pour élever à
nouveau l'édifice. En 1836 un groupe de personnalités locales le consolide. Puis de 1906 à 1922 il fut restauré, et les aménagements défensifs
furent détruits. La commune de Serrabone, qui s'était formée avec les maisons attenantes, fut supprimées en 1822.
Le prieuré de Serrabone appartient désormais au Conseil général des Pyrénées-Orientales depuis 1968.