Berlin Sophienstraße-info BY
BERLIN, Sophienstrasse 28-29 (B.Y. 5 mai 2016)
Patrimoine acquis par August Zotzmann (père de Oma Trudchen, donc arrière grand-père de BY) : 2 juillet 1866 –9 mars 1939
Marié avec Helene Zotzmann (1875-1960).
Ils ont eu 5 enfants :
- Lucie Reinke née en 1894
- Helene Hartmann née en 1895
- Gertrud von Känel née en 1896
- August Zotzmann (tué à la bataille d’ El Alamein pendant la 2eme guerre mondiale)
- Ernst Zotzmann né en 1902
August Zotzmann a acheté les immeubles de la Sophienstrasse en 1921, et la maison de Glienicke (résidence secondaire) en 1930.
Entrepreneur, il a obtenu une licence pour un « Droschkenfuhrgewerbe » (entreprise de transport ) en 1892. Tout se faisait alors avec des
chevaux, transports de marchandises pour grandes entreprises, notamment pour la poste impériale, location de calèches avec cochers pour
mariages etc.
L’entreprise était très florissante, avec plus de 100 chevaux au début des années 1920. Puis fin des années 1920: passage à l’automobile et
accent mis sur les « taxis ».
Lucie, fille ainée, a épousé Otto Reinke, actif dans l’entreprise comme maréchal-ferrand, puis ensuite comme mécanicien pour les automobiles.
Helene a épousé un pharmacien (Wilhelm Hartmann) et n’a donc pas participé à l’entreprise, mais était « dingue » de chevaux, au point d’entrer
dans une salle de bal à cheval !!! Mais elle était aussi très « avant-garde » et a par exemple refusé de se faire conduire à l’église pour son
mariage dans la superbe calèche réservée à cet effet (landeau bleu marine tendu de soie blanche et tiré par 6 chevaux blancs!) mais voulait
étrenner la grosse automobile que son père venait d’acquérir, qui est bien sûr tombée en panne à la dernière minute! Elle n’a pas eu d’enfant
mais fut la « 2eme maman » pour Kurt (opa) et son cousin Horst, avec lesquels elle faisait les pires pitreries.
Gertrud (Oma Trudchen) a épousé Arwed von Känel, de nationalité suisse ( dont le père, émigré de Aeschi/Spiez, avait été intendant sur un
grand domaine en Prusse, avant de monter son propre commerce de laiterie à Berlin). August Zotzmann n’a pas été très heureux de voir sa fille
vouloir épouser un « étranger » et en plus « bel homme » donc parti risqué !!!!. Il a tout fait pour la dissuader, mais finalement l’entente fut
cordiale, car Arwed est entré dans l’entreprise de son beau-père en 1923 (année de naissance de Opa) après avoir lui aussi obtenu une licence
pour entreprise de transport.
Ernst Zotzmann, fils de August, a lui aussi travaillé dans l’entreprise avant de la reprendre officiellement au décès de son père en 1939
Tout ce petit monde vivait dans les immeubles du patriarche, et Opa racontait qu’en rentrant de l’école, lui et son cousin Horst, reniflaient à la
porte palière de chaque étage pour s’inviter à déjeuner là où le parfum de la cuisine leur paraissait le plus appétissant….
Et en fin de semaine, tout ce petit monde partait en villégiature à la villa de Glienicke, en longue procession de voitures dernier cri, Helene bien
entendu dans un cabriolet racé, tellement beau et dangereux qu’Opa en est tombé en cours de route, sans dommage heureusement !
Pendant les années de guerre (1938-1945), les taxis ont tous été successivement réquisitionnés et l’entreprise s’est retrouvée sans outil de
travail. Pendant ce temps, Arwed, président de la colonie des Suisses de Berlin et très lié avec l’ambassadeur a travaillé bénévolement pour la
légation suisse et a été actif dans la lutte clandestine contre Hitler (comme il l’a appris après la guerre, Opa, sans le savoir, a été utilisé pour
transmettre des messages secrets…).
En 1945, peu avant l’arrivée des russes à Berlin, Arwed a organisé un camion grâce à ses relations pour rapatrier en Suisse -avec le carburant
fourni par l’ambassade - sa femme et les parents de Omi (eux aussi de nationalité suisse). Opa avait déjà évacué les secrétaires de l’Ambassade
en conduisant un bus Croix-rouge et on lui avait dit de ne pas revenir, Omi avait elle aussi été rapatriée avec un groupe de jeunes Suisses.
Pendant les années de guerre (1938-1945), les taxis ont tous été successivement réquisitionnés et l’entreprise s’est retrouvée sans outil de
travail. Pendant ce temps, Arwed, président de la colonie des Suisses de Berlin et très lié avec l’ambassadeur a travaillé bénévolement pour la
légation suisse et a été actif dans la lutte clandestine contre Hitler (comme il l’a appris après la guerre, Opa, sans le savoir, a été utilisé pour
transmettre des messages secrets…).
En 1945, peu avant l’arrivée des russes à Berlin, Arwed a organisé un camion grâce à ses relations pour rapatrier en Suisse -avec le carburant
fourni par l’ambassade - sa femme et les parents de Omi (eux aussi de nationalité suisse). Opa avait déjà évacué les secrétaires de l’Ambassade
en conduisant un bus Croix-rouge et on lui avait dit de ne pas revenir, Omi avait elle aussi été rapatriée avec un groupe de jeunes Suisses.
A la fin de la guerre, il ne restait à la Sophienstrasse qu’une seule automobile, une Citroën de luxe, qui fut transformée en « véhicule à tout
faire », et puis redépart avec des chevaux, notamment pour évacuer les gravats des immeubles bombardés.
En 1953, Herbert, fils de Ernst, obtient lui aussi sa licence pour entreprise de taxis et réussit à garder l’entreprise en mains privées, avec 2 taxis –
une prouesse dans un pays où il n’y a quasiment plus de propriété ni d’entreprises privées !
Finalement, les immeubles de la Sophienstrasse 28/29 (4 immeubles – le 5eme s’est écroulé sous une bombe) et quantité de garages dans la
cour) furent maintenus en mains privées, d’une part parce qu’un des propriétaires (Oma Trudchen) était de nationalité suisse (par mariage) et
donc plus difficile à exproprier et parce que Kurt von Känel et son cousin Horst Zotzmann ont fait des paiements depuis l’Ouest pour couvrir les
pertes tout au long des années jusqu’à la chute du mur. En effet, les revenus locatifs ne couvraient même pas les petites réparations telles qu’un
changement de robinetterie par exemple. C’était un système organisé de l’Allemagne de l’Est pour obliger les propriétaires restants à « donner »
leurs immeubles à l’Etat pour ne pas être étouffés par les dettes…
Le gouvernement Est-Allemand entendait notamment mettre la main sur les immeubles Zotzmann parce qu’ils étaient situés dans une rue du
centre-ville dont il voulait faire une « vitrine » du régime, sous « Denkmalschutz », c’est-à-dire protégé - l’immeuble du fond en particulier avait
un toit construit par un élève de Schinkel (architecte réputé). L’Etat voulait y installer une partie du ministère de la culture… Devant l’obstination
des propriétaires à ne pas céder (Gertrud von Känel, Horst, Herbert et Helene Zotzmann), le ministère concerné à refusé tous travaux d’entretien
et de rénovation par mesure de rétorsion, si bien qu’au moment de la chute du mur, l’immeuble du fond était quasiment en ruine et inhabitable.
Horst Zotzmann et Kurt von Känel ont pu récupérer passagèrement chacun un appartement dans les 2 immeubles de devant donnant sur la
Sophienstrasse (appartements laissés vides par les gens qui ont fui à l’Ouest à ce moment), mais dont nous avons très peu profité car la vente de
l’ensemble s’annonçait inévitable. Estimation pour la rénovation de l’ensemble : plus de 20 millions de DMark, -impossible à financer par des
privés - et encore avec le risque de voir les travaux bloqués pour des recherches archéologiques, car il y a des catacombes sous les garages ! Seul
August le savait, jusqu’au moment où Kurt et Horst, enfants, les ont découvert en jouant! Leur grand-père leur a fait promettre de ne rien dire à
personne. Mais le risque était grand que ce soit découvert durant les travaux.
L’ensemble a donc été vendu en 1991 par les héritiers pour la somme de 4,6 millions de DMark. Après déduction de frais d’avocat énormes,
notamment pour cause de recherches de documents et charge de preuve, de taxes et autres impôts exorbitants, Kurt von Känel a obtenu 1/3,
Horst 1/3, Herbert et les filles de son frère décédé, Marina et Petra se sont partagé le dernier tiers. La vente fut très difficile. Il a fallu prouver
que les immeubles étaient encore en mains privées: recherche d’anciens cadastres etc. L’Etat partait du principe que tous les immeubles de
Berlin-Est avaient été « étatisés » par le gouvernement Est-allemand. A charge des rares propriétaires subsistants de prouver le contraire. L’Etat
Est-allemand et ses « hauts dignitaires » ont d’ailleurs tout fait pour brouiller les pistes en faisant disparaître quantité de documents….
Concernant Glienicke, la résidence secondaire, les problèmes furent encore plus grands, parce que les « chefs » du régime avaient mis la main
sur cette région ( le Cologny de Berlin) et trafiqué le cadastre. La lutte fut longue et coûteuse, mais il a été possible de prouver qu’August
Zotzmann avait acheté cette propriété en 1930. Horst aurait voulu s’y construire une nouvelle maison mais cela a pris beaucoup trop de temps
pour déloger le type qui avait mis la main dessus. Le terrain fut finalement vendu (1500 m2) pour 950 000 DMark.
Après différentes péripéties, la propriété de la Sophienstrasse fut acquise par la fondation Schwarzkopf, qui avec de très gros moyens, a
magnifiquement restauré l’ensemble. La « fondation Schwarzkopf –jeune Europe » « Schwarzkopf-Stiftung junges Europa », qui œuvre pour la
paix et la compréhension entre jeunes en Europe, lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrémisme de droite, a réservé plusieurs
appartements pour étudiants dans les immeubles, aménagé des salles de séminaire et de conférences au-dessus des anciens garages, et loue
des échoppes pour des artisans créateurs dans ce que furent les garages. Le tout sans but lucratif.. In fine : nouvelle vie pour les immeubles
Zotzmann, et ce pour la bonne cause.
Die Kirche liegt schief gegenüber der Nummer 28/29 der
Sophienstrasse. Eine Festschrift der Kirchengemeinde
erinnert an das friedliche Zusammenleben zwischen Juden
und Christen im dortigen “Toleranzviertel“ im Jahre 1714,
und an den
Märzaufstand 1848.
Um 1900 lebten viele wohlhabende Juden in der
Sophienstrasse und den Hackeschen Höfen, welche als
Warendepot (v.a. für Tücher) verwendet wurden. Sie waren
gern gesehene Kunden des direkt daneben liegendem
Fuhrunternehmens Zotzmann.
Zur Erinnerung an die Opfer der NS Zeit findet man heute
Gedenkplaquetten im Pflasterboden der Sophienstrasse
und vor den Hackeschen Höfen.
Sophienkirche 1937