Vigée-Lebrun Portrait de Hubert Robert - info
Le mouvement de sa tête par rapport à la ligne de ses épaules donne le sentiment
qu’il est captivé par quelque chose qui se passe en dehors du cadre. Cest le regard
d’un peintre, pas d’un prince ni d’un roi, ni d’un courtisan, ni celui d’un puissant
dont il faudrait fêter la puissance et la doubler d’humanité. Que fait-il? Il ne peint
pas puisqu’il n’y a pas de chevalet ni de feuille posée sur la table. Il a pris la pose,
tranquille, confiant dans le talent d’Elisabeth. Il ne la regarde pas. Il ne regarde pas
vers nous. Il n’est pas en représentation.
Il représente Le Peintre. Celui qui voit ailleurs, différemment du commun des
mortels. Celui qui aperçoit le non-vu de la bonne société. Un idéal, peut-être.
Sûrement une exception à la règle dans l’œuvre d’Elisabeth Vigée-Lebrun qui ne
peignait jamais ce qui se passait hors du cadre. Une exception dont il faut voir la
force inouïe à côté des autres tableaux de cette exposition où des hommes, des
femmes, des familles avec enfants vivent une sérénité contente d’elle alors
qu’autour il n’y a que souffrances, révoltes, guerres et désastres, où des personnes
embellies dansent au son d’un violon léger sur le pont d’un Titanic.