Daumier-Le Charivari, 2 février 1857
Le Second Empire marque l’entrée de l’économie française dans sa seconde
révolution industrielle. Portée par une réforme profonde des outils financiers dont
disposent les entrepreneurs pour investir, cette métamorphose s’accompagne d’un
mouvement de capitalisation sans précédent et d’un essor de la Bourse exceptionnel.
Comme l’écrit Alexandre Dumas Fils, la Bourse est au Second Empire ce que « la
cathédrale était au Moyen-Âge », dédiée à un nouveau Dieu auquel les parisiens
vouent un culte fervent. Cette fièvre financière saisit rapidement le marché de l’art
qui, à peine remis de la grave crise économique traversée pendant la Seconde
République, devient à son tour un « Eldorado de spéculateur » (1). « On ne rassemble
plus une collection pour l’avoir, pour en jouir (…) mais pour la vendre et gagner dessus
» (2) , déplore le critique Paul Lacroix en 1861. L’œuvre d’art n’est plus qu’une
marchandise, un bon placement, dont la valeur d’échange l’emporte désormais sur sa
valeur d’usage
http://www.artsetsocietes.org/f/f-poggi.html